Technique - Media - Services

Supports print professionnels : 7 pièges graphiques à éviter absolument

Conseils, inspirations et solutions pour vos communications

Créer des supports print professionnels efficaces et percutants repose sur l’attention portée aux détails graphiques. Omettre certaines règles de base peut nuire à la crédibilité de la marque et compromettre la réussite du message. Voici les points essentiels à surveiller pour éviter les écueils graphiques les plus courants lors de la création de flyers, affiches, brochures, plaquettes ou cartes de visite :
  • S’assurer d’une bonne lisibilité grâce à des choix typographiques adaptés et la maîtrise des contrastes.
  • Gérer correctement les fichiers et les images en haute définition et respecter les couleurs d’impression CMJN.
  • Privilégier une mise en page aérée, cohérente et structurée, évitant toute surcharge visuelle.
  • Veiller au respect des marges, fonds perdus et repères techniques pour éviter d’éventuelles erreurs d’impression.
  • Garantir la cohérence graphique avec la charte visuelle de l’entreprise, tout en tenant compte du public ciblé.
Ces éléments fondamentaux permettent d’éviter des erreurs coûteuses, tant en termes de budget qu’en image de marque.

1. Négliger la lisibilité : un message difficile à lire est un message oublié

La clarté visuelle est le socle d’un support print réussi. De nombreux supports ratent leur cible simplement parce qu’ils deviennent illisibles, soit à cause de mauvais choix typographiques, soit faute de contraste suffisant. Une étude de Smashing Magazine démontre que la lisibilité améliore la compréhension de 20 à 35%. Quelques règles à retenir :

  • Éviter les polices fantaisistes et préférer une typographie lisible (Arial, Helvetica, Lato, Montserrat…).
  • Rester cohérent : limiter à deux familles de polices, distinguer titres, sous-titres, paragraphes.
  • Attention aux couleurs de texte sur fond similaire (ex : texte bleu sur fond bleu nuit) : le contraste doit être suffisant, et le noir sur blanc reste un classique efficace.
  • Éviter le tout capitales sur de longs paragraphes, car cela fatigue très vite l’œil.
  • Gérer l’interlignage et l’espacement des lettres pour aérer la lecture.

Astuce pratique : Faites relire votre support à une tierce personne (pas trop impliquée dans le projet) pour valider la compréhension immédiate du message.

2. Utiliser des images de mauvaise qualité ou non libres de droits

Le moindre flou, pixelisation ou problème de résolution saute aux yeux sur un support imprimé, a fortiori sur de grands formats (affiches, kakemonos). Les images doivent être en 300 dpi (points par pouce) pour un rendu net, contrairement au web qui se contente de 72 dpi. Utiliser des images trouvées sur Google expose aussi à des risques juridiques sérieux. Privilégiez les banques d’images reconnues (Adobe Stock, Unsplash, Pixabay) ou des visuels réalisés par vos soins.

  • Images trop compressées : à proscrire, elles sabordent la qualité, même sur des petits formats !
  • Mauvais recadrage ou étirement : attention à ne jamais déformer une image pour remplir un espace.
  • Respecter les crédits d’auteur et licences d’utilisation.

Enfin, privilégiez des visuels cohérents avec votre cible pour faire passer le bon message au bon public (photographies professionnelles pour un cabinet d’expertise, illustrations ludiques pour une crèche, etc.).

3. Mal gérer les couleurs : attention aux mauvaises surprises à l’impression

Une palette de couleurs séduisante sur écran peut révéler de mauvaises surprises une fois imprimée. Cette différence provient d’un traitement différent des couleurs suivant le support. Pour l’impression, la norme est le CMJN (Cyan, Magenta, Jaune, Noir), alors que le web fonctionne en RVB (Rouge, Vert, Bleu). Un fichier envoyé en RVB sera automatiquement converti, avec risque de perdre la fidélité des teintes. Des publications professionnelles (voir Printing United Alliance) insistent sur l’importance de la conversion en amont.

  • Convertir systématiquement les fichiers en CMJN avant impression pour garantir le rendu couleur.
  • Attention aux couleurs trop claires ou pastel, souvent “lavées” à l’impression sur support mat.
  • Pensez à la perception des couleurs par les publics daltoniens (ex : éviter les associations vert-rouge pour des éléments importants).
  • Faire un BAT (bon à tirer) pour contrôler les couleurs finales, surtout pour de gros tirages.

Astuce pratique : Les imprimeurs fournissent souvent des nuanciers papier. N’hésitez pas à les consulter pour choisir vos couleurs, plutôt qu’un simple affichage d’écran.

4. Surcharger la mise en page : le trop-plein visuel, ennemi de l’efficacité

Un support efficace va à l’essentiel. Vouloir en faire trop, multiplier les encadrés, couleurs, photos, pictos ou effets, finit par rendre le support indigeste… jusqu’à provoquer un effet “sapin de Noël”. Selon Cerveau & Psycho, l’œil humain ne retient en moyenne que trois à cinq informations majeures après une exposition rapide à un support visuel.

  • Priorisez les messages (un titre, un visuel fort, les infos clés) ; tout le reste est superflu ou relégué en second plan.
  • Respectez les zones de respiration, notamment les blancs (les marges, les espaces entre paragraphes et images).
  • Évitez la tentation de “remplir” tous les espaces vides : le vide est structurant !
  • Utilisez une grille de mise en page pour une répartition harmonieuse des éléments.

Astuce pratique : Exercez-vous au “test des 3 secondes”. Posez le support devant une personne lambda, et demandez-lui ce qu’elle a retenu après un simple coup d’œil. Si elle peine à formuler le message principal, la mise en page doit être allégée.

5. Oublier les contraintes techniques d’impression : marges, fonds perdus et découpe

Un support bien conçu ne doit pas subir de coupe hasardeuse, ni voir des éléments importants rognés après impression. Trop souvent, les marges et fonds perdus sont mal anticipés, générant des défauts particulièrement visibles après fabrication.

  • Marge de sécurité : laissez au moins 5 mm entre le bord du support et tout élément essentiel (texte, logos, photos) pour éviter toute coupe intempestive.
  • Fonds perdus (bleed) : prévoyez 3 à 5 mm supplémentaires autour du fichier, à remplir du fond de couleur ou d’image. Cela évite les bords blancs disgracieux en cas de coupe légèrement décalée.
  • Repères de coupe : activez toujours les repères de coupe lors de l’export PDF (paramètre courant dans InDesign, Illustrator…)

Bon à savoir : Selon une enquête de PrintWeek, 75 % des imprimeurs constatent des défauts de fichiers provenant du non-respect des marges ou des fonds perdus lors du dépôt du BAT.

6. Ignorer la charte graphique et l’identité visuelle

Le respect de la charte graphique est un gage de professionnalisme et de cohérence. Utiliser des couleurs, logos ou typographies différents de votre univers habituel brouille la perception de la marque et peut semer le doute auprès de vos destinataires. Le rapport “State of Branding” de Lucidpress estime qu’une identité visuelle cohérente augmente le chiffre d’affaires des entreprises de 23% en moyenne.

  • Veillez à décliner la charte sur chaque support : logos, déclinaisons couleurs, polices, pictos, styles d’illustrations…
  • Pensez à adapter la charte aux contraintes du support sans la dénaturer (ex : version monochrome du logo, fonds contrastés).
  • Évitez l’effet “bricolage” (ajout d’éléments externes jugés “jolis” mais hors univers de marque).

Astuce pratique : Déclinez systématiquement une version “print” du logo et des éléments de charte, optimisés en CMJN et vectorisés, dès la conception de votre identité visuelle.

7. Négliger le public cible et ses besoins spécifiques

Un support graphique pertinent doit être pensé pour son public, pas pour le goût personnel de son créateur. Un flyer destiné à des collégiens n’adoptera ni les mêmes couleurs, ni le même ton, ni les mêmes typographies qu’une plaquette destinée à un conseil d’administration.

  • Identifiez précisément le profil de vos destinataires : âge, centres d’intérêt, contexte de réception du support.
  • Choisissez des visuels, motifs et codes couleur adaptés (énergique pour les jeunes ; sobre pour le milieu institutionnel, etc.).
  • Pensez à l’accessibilité (taille minimale de police, contrastes) si le support s’adresse à un public senior ou en situation de handicap visuel.

À noter : Près de 15% de la population présente une déficience visuelle légère ou modérée. Prendre cela en compte, ce n’est pas un “plus”, c’est la base d’un support réellement professionnel (OMS, 2022).

Pour aller plus loin : déjouer les pièges graphiques, une approche professionnelle pour chaque projet

Créer un support print professionnel ne se limite pas à “faire joli” : il s’agit de transmettre efficacement une information, de garantir une expérience fluide et intuitive, et de renforcer la crédibilité de l’organisation. En résumé, la vigilance portée à la lisibilité, à la qualité des images, à la cohérence graphique, à la gestion technique du fichier et surtout à l’adéquation avec la cible, fera toute la différence sur le terrain.

Cette rigueur, accessible dès la conception même sans diplôme en graphisme, repose sur le respect des fondamentaux évoqués : pas de hasard dans le choix des images et des couleurs, jamais de confort personnel avant la cible, et aucune économie sur la préparation technique. S’entourer d’un professionnel ou d’un imprimeur compétent est un investissement souvent salvateur pour éviter erreurs et déconvenues… et, au passage, pour gagner du temps et de l’efficacité !

Pour s’inspirer ou vérifier les tendances, il peut être utile d’explorer les études publiées par Adobe, Canva ou des références du secteur comme Graphiline. L’œil du public ne pardonne pas l’amateurisme : chaque détail compte !

En savoir plus à ce sujet :

Créer des supports imprimés alignés sur l’image de marque : mode d’emploi professionnel

Pour qu’un support imprimé devienne un levier efficace de valorisation et d’identification d’une entreprise, il doit non seulement transmettre un message clair, mais aussi être parfaitement cohérent avec l’image de marque. Cela implique une r...

Réussir ses supports imprimés lors d’un salon professionnel : méthode, astuces et erreurs à éviter

Voici les éléments fondamentaux à maîtriser pour structurer et optimiser vos supports imprimés lors d’un salon professionnel en France ; chaque décision impacte votre visibilité et renforce vos chances de convertir vos contacts en clients ou partenaires...

Bâtir une communication papier impactante : réussir ses supports imprimés en entreprise

Pour réussir la communication imprimée de son entreprise en France, il est fondamental d’allier pertinence du message, qualité du design et choix des bons formats. Cette démarche s’appuie sur une préparation structurée, une...

Optimiser la communication de votre entreprise : bien choisir ses supports imprimés en France

Pour choisir des supports imprimés adaptés à la communication d’une entreprise en France, il est essentiel de : Clarifier les objectifs de communication (visibilité locale, fidélisation, prospection, etc.) Connaître les différents types de supports existants (cartes...

Bien choisir ses supports imprimés pour booster la croissance de sa PME

Dans le contexte des PME françaises, sélectionner les bons supports imprimés va bien au-delà du simple choix de flyers ou de cartes de visite. Il s'agit d'aligner chaque outil de communication avec des objectifs commerciaux spécifiques...